Dominique Pire

Fondateur des Parrainages Mondiaux

 

Né à Leffe, près de Dinant, le 10 février 1910, Dominique Pire rejoint à 18 ans l’ordre des Dominicains en entrant au couvent de la Sarte à Huy. Ordonné prêtre à Rome en 1934, il y poursuit un doctorat en théologie. Dès 1938, il crée à Huy un Service d’Entraide Familiale pour aider des familles en difficulté. En 1949, il découvre la misère des réfugiés de l’Est de l’Europe. Il fonde l’Aide aux Personnes Déplacées et développe trois secteurs d’activités : 18.000 parrainages, quatre homes pour des réfugiés âgés et sept Villages Européens destinés à des familles avec enfants.

 

Sans se soucier des barrières sociales, philosophiques, religieuses ou politiques, Dominique Pire rassemblera autour de lui les bonnes volontés de tous bords dans un vaste mouvement de solidarité qu’il baptisera l’ « Europe du Cœur ». Cette action lui valut de recevoir le Prix Nobel de la Paix neuf ans plus tard : le Père Pire le considérera comme une nouvelle responsabilité plutôt que comme une récompense, et s’en servira comme tremplin pour de nouvelles activités.

 

En 1960, Dominique Pire crée à Huy l’Université de Paix, où il enseigne le dialogue fraternel, chemin de paix, à des jeunes venus du monde entier. L’année suivante, après une visite officielle au Pakistan, où il découvre le problème du sous-développement, il fonde les Iles de Paix où ressortissants des pays riches et pauvres travaillent ensemble pour permettre à une population de faire les premiers pas de son développement. 1964 verra la création des Amitiés Mondiales. Il s’agit de favoriser le dialogue fraternel, par des échanges de correspondance, entre des personnes de nationalité, de race, de culture, de religion et philosophie différentes. Des milliers de personnes réagissent. Les Amitiés Mondiales centralisent les demandes de correspondance, en mettant les uns et les autres en contact. Un peu partout en Europe, 1968 est l’année de la contestation estudiantine. C’est aussi la répression du Printemps de Prague. Dominique Pire décide de venir en aide à des étudiants tchèques, opposants au régime, en les accueillant en Belgique. Cela aura été sa dernière action : il disparaît en janvier 1969.