Charlène et sa passion pour les arts culinaires.

6 décembre 2018, 13h00, Kayonza, à 1h45 de route de Kigali, la capitale rwandaise.

 

Charlène nous attend, fièrement, à l’entrée de son Resto-bar. Elle nous fait visiter et nous retrace son parcours. Orpheline de père très jeune, Charlène, comme ses frères et sœurs, arrêtera ses études après les primaires, faute de moyens financiers pour étudier en secondaire. A 15 ans, elle arrive à Kigali et est engagée comme domestique par une famille. Elle gagne quelques euros par mois, mais est logée et nourrie. Son rêve est un jour de pouvoir se mettre à son compte, être son propre patron. 

 

Un dimanche, à l’Eglise, une association vient parler de la formation en arts culinaires accessible aux jeunes domestiques et organisée gratuitement dans le quartier voisin. Charlène s’inscrit et suit la formation théorique et pratique. Puis le stage final de deux mois, au sein d’une filiale de l’Alpha Palace, un hôtel bien connu à Ugende Center Park. Les responsables apprécient son travail et l’engagent pour un contrat de 9 mois. Elle gagne 10 fois son salaire mensuel ( 40.000 Francs rwandais au lieu de 4.000 Frwa ) et met rapidement de l’argent de côté pour investir dans un petit business. En décembre 2016, elle se lance mais dans sa région natale, à Kayonza, où les loyers sont bien plus abordables qu’à Kigali et surtout, la concurrence quasi inexistante. Et la voilà aujourd’hui, avec une affaire qui tourne bien et qu’elle envisage déjà d’agrandir.

 

Charlène livre tous les matins, l’école primaire et secondaire voisine. Du thé, du café, des beignets pour les 26 enseignants et certains élèves. A midi, ce sont les quelques médecins et infirmiers du centre de santé qui viennent manger au resto bar, puis le « vrai business » dit-elle, entre 14h et 23h : brochettes de viandes, bières, Fantas,…

 

Son bénéfice net journalier tourne autour des 8.000 Frwa, le double de ce qu’elle gagnait comme domestique… en un mois. La formation en arts culinaires a radicalement changé sa vie. Le parcours a été long, difficile mais à force de courage, de ténacité mais de chance aussi d’avoir eu cette opportunité de formation gratuite, elle est aujourd’hui propriétaire de son affaire et libre de ses choix. Grâce au Cladho, à ADPM et à ses parrains/marraines projets.

 

Charlène voulait nous rencontrer pour nous remercier.. pour nous prouver aussi que nos actions étaient efficaces et porteuses d’un réel changement ! Et aussi nous encourager à aller de l’avant, à mettre en place des leviers d’appuis pour les jeunes formés afin de les aider à se lancer après formation : une caisse micro crédit, par exemple, car les intérêts demandés par les banques sont inaccessibles pour les jeunes comme elle.

 

Elle aimerait s’équiper pour offrir un service traiteur lors de réunions du secteur ou de réunions scolaires, acheter des chaises supplémentaires, un frigo, construire un comptoir … les idées ne manquent mais les sommes à investir oui. Un micro-crédit à rembourser peu à peu lui serait d’une grande aide. « Je pourrai faire beaucoup même avec 400 euros » ! 

 

Si vous aussi vous souhaitez devenir parrain ou marraine et aider des jeunes à se lancer, à suivre une formation et, ainsi, assurer leur avenir, écrivez-nous!