Israël a émis de nouveaux messages d’évacuation et d’alerte touchant une grande partie de la région de Tyr (Sour), y compris les camps palestiniens d’Al Buss, Borj Shamali et Rashidieh, demandant aux habitants de se déplacer vers le nord.
L’intensité des attaques dans le sud du Liban s’est fortement aggravée autour de la ville de Tyr et de ses environs, atteignant également les camps palestiniens. La situation a rapidement provoqué d’importants embouteillages et un mouvement de panique parmi les habitants. Les camps se sont retrouvés surpeuplés par les personnes tentant de fuir, tandis que motos et véhicules envahissaient les routes dans toutes les directions. De nombreuses voitures sont restées bloquées pendant des heures dans le trafic, créant des scènes de chaos et de peur.
Des femmes, des enfants et des personnes âgées ont été vus transportant quelques sacs et effets personnels, tandis que certains enfants traînaient des ballots de vêtements alors que les familles tentaient de fuir dans des conditions extrêmement difficiles.
Les habitants sont restés dans un état constant de peur et d’angoisse. De violentes frappes aériennes se sont poursuivies d’un quartier à l’autre de la ville de Tyr et de ses environs, tandis que des avions de guerre survolaient continuellement la région. Les explosions étaient extrêmement violentes, secouant les bâtiments et provoquant une profonde détresse psychologique parmi les civils.
De nombreuses familles restent cependant incapables de fuir malgré le danger. Certaines n’ont nulle part où aller, tandis que d’autres ne peuvent assumer les coûts liés au déplacement en raison de conditions économiques extrêmement difficiles. De nombreux civils restent donc piégés dans des zones dangereuses, vivant dans une peur et une incertitude permanentes.
Mise à jour concernant les camps palestiniens de Tyr
Camp de Rashidieh
Une frappe aérienne a détruit un important bloc résidentiel à l’intérieur du camp de Rashidieh. L’impact a été particulièrement grave en raison de la surpopulation et de la fragilité des habitations dans le camp.
Une seconde frappe a visé les puits alimentant le camp en eau, aggravant davantage la situation humanitaire. De nombreux civils ont été blessés et un grand nombre d’habitants ont fui le camp soit immédiatement après les messages d’alerte, soit après les attaques. Certaines familles restent toutefois présentes malgré les risques.
Camp d’Al Buss
Un grand bloc résidentiel a été détruit, causant la mort de trois civils et faisant environ 25 blessés.
Par ailleurs, notre centre du camp d’Al Buss, le Family Guidance Center (FGC), qui fournit des services de santé mentale aux enfants, aux jeunes et à leurs proches dans la région de Tyr, a été partiellement détruit en raison de sa proximité avec le lieu de l’attaque.
Les dégâts comprennent :
• La destruction des portes et fenêtres
• Des dommages au système d’énergie solaire
• D’importants dégâts au toit, en particulier celui de la salle principale
• Des dégâts au mobilier
• La destruction de matériel électronique, notamment des ordinateurs portables et des imprimantes
Le centre nécessite désormais une importante réhabilitation afin de pouvoir reprendre ses activités et continuer à fournir un soutien aux familles et enfants vulnérables.
Camp de Borj Shamali
Une nouvelle attaque a eu lieu à proximité immédiate du camp de Borj Shamali. Un important quartier résidentiel a été détruit et de nombreux civils ont été blessés.
La situation humanitaire et psychologique dans les camps continue de se détériorer rapidement. Les familles sont épuisées après des mois de déplacements répétés, de peur et d’insécurité, tandis que les infrastructures essentielles et les services communautaires sont de plus en plus endommagés ou interrompus.
Au vu de l’escalade actuelle et des dégâts considérables causés dans les camps palestiniens de la région de Tyr, les familles touchées font face à des besoins humanitaires, psychosociaux et de protection urgents.
Principaux besoins identifiés
• Réhabilitation du centre FGC d’Al Buss et des infrastructures endommagées afin d’assurer la continuité des services essentiels de soutien psychosocial et communautaire.
• Remplacement du matériel et des équipements endommagés, notamment les ordinateurs portables, imprimantes, meubles, portes, fenêtres et systèmes d’énergie solaire.
• Aide financière d’urgence afin d’aider les familles à couvrir les dépenses essentielles telles que le logement, la nourriture, les vêtements et les biens de première nécessité pour celles ayant perdu leur habitation et leurs effets personnels.
• Distribution de matelas, couvertures, vêtements et articles de première nécessité aux familles ayant fui sans pouvoir emporter leurs affaires.
• Soutien psychologique et psychosocial pour les enfants, les proches et les familles confrontés à une détresse importante, à la peur, aux traumatismes et aux déplacements répétés.
Inquiétudes concernant la reconstruction et les pertes subies
De nombreuses familles dont les maisons ont été partiellement ou totalement détruites vivent dans une profonde peur et une grande incertitude quant à l’avenir. Au-delà du choc immédiat provoqué par les attaques, les familles s’inquiètent de plus en plus de savoir qui pourra les aider à reconstruire leurs habitations et à remplacer les biens perdus.
Pour beaucoup, les destructions ne signifient pas seulement la perte d’un toit, mais aussi celle des meubles, vêtements, appareils électroménagers, documents personnels et biens accumulés durant des années. Dans un contexte marqué par une grave crise économique et une réponse humanitaire limitée, les familles touchées craignent d’être abandonnées sans le soutien nécessaire pour reconstruire leur vie.
Aperçu des conditions de vie dans les camps palestiniens
Avant même cette récente escalade, les camps palestiniens faisaient déjà face à d’importants défis humanitaires et socio-économiques : pauvreté, surpopulation, infrastructures fragiles et accès limité aux services de base.
Depuis l’intensification du conflit, la situation s’est considérablement aggravée en raison des déplacements répétés, des destructions, de la détresse psychologique et de la perte des moyens de subsistance.
Dans le même temps, l’aide apportée par la NISCVT (National Institution of Social Care & Vocational Training) reste insuffisante pour répondre aux besoins croissants dans les camps fortement touchés de Tyr, en particulier Al Buss, Rashidieh et Borj Shamali. Les familles continuent de faire face à d’importantes pénuries en matière d’hébergement, de nourriture, d’aide financière, de soins médicaux, de soutien psychosocial et d’aide d’urgence, rendant les communautés vulnérables de plus en plus dépendantes des organisations locales disposant de ressources très limitées.
L'équipe de la NISCVT (National Institution of Social Care & Vocational Training), Liban

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