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RDC: Article rédigé par nos partenaires du SWID : Goma face à la double crise sanitaire et sécuritaire

Vivre et travailler à Goma, c’est apprendre à naviguer au cœur d'une instabilité permanente. Alors que nos équipes et nos partenaires se battaient déjà quotidiennement pour maintenir les enfants déplacés sur le chemin de l’école face aux conflits armés, la résurgence de la maladie à virus Ebola vient dresser un nouveau mur invisible autour de notre communauté. À la crise sécuritaire se superpose désormais une crise sanitaire majeure. Pour SWID et ADPM, le défi change de visage, mais notre mission reste inchangée : protéger l'avenir et la santé de nos filleuls, coûte que coûte.

 

Le projet de parrainage face au défi de la distanciation scolaire

 

Contrairement aux vagues précédentes, les écoles ne sont pas fermées. Elles restent le dernier rempart pour maintenir un semblant de normalité dans la vie des enfants. Cependant, la menace du virus impose des règles strictes qui bouleversent le quotidien de notre programme :

  • Dans les établissements partenaires de SWID, les responsables appliquent des mesures rigoureuses (port des masques/cache nez, lavage des mains avant les cours, à la recréation, après les toilettes, prise de température,…). La distanciation sociale est désormais obligatoire entre les élèves, transformant les salles de classe en espaces hautement surveillés.
  • Malgré la lourdeur de ces protocoles, le maintien des cours permet à nos bénéficiaires de rester connectés à un environnement structuré, loin de la promiscuité dans les familles d’accueil.
  • Nos équipes de terrain profitent de cette ouverture des écoles pour accentuer le plaidoyer de la distribution de kits d'hygiène (points de lavage des mains, thermo-flashs) et enseigner les gestes barrières directement aux enfants parrainés et non parrainés ainsi qu’à leurs familles.

 

Une ville sous clé : L'asphyxie par l'enclavement des voies de communication

 

Pour contenir la propagation du virus vers d'autres régions, Goma se retrouve de nouveau isolée du reste du pays et du monde. Les mesures de restriction imposent un blocage presque total des mouvements. Les mesures prisent par les autorités locales sont les suivantes :

  • La fermeture des frontières (grande et petite barrière reliant Goma à Gisenyi au Rwanda, et Bunagana en Ouganda) paralyse immédiatement l'économie informelle transfrontalière. Des milliers de familles, dont la survie dépend du petit commerce quotidien, perdent brusquement leurs seuls revenus.
  • Les axes routiers reliant Goma aux territoires voisins et aux autres villes sont bloqués ou soumis à des cordons sanitaires stricts (Goma- Butembo-Beni-Bunia,.. en RDC). Cet enclavement total empêche la libre circulation des biens et ralentit l'approvisionnement général de la ville.

 

De la crise sanitaire à la crise de la faim : Le paradoxe des mesures barrières

 

L'enclavement forcé de la ville touche de plein fouet la sécurité alimentaire des habitants, créant une situation humanitaire intenable pour les ménages les plus vulnérables.

Les routes étant coupées, les denrées agricoles de base ne parviennent plus à Goma. En quelques jours, les prix du maïs, des haricots et des produits de première nécessité ont grimpé en flèche.

 

Notre crainte majeure repose sur le quotidien des familles. Si les écoles parviennent à imposer la distanciation, notre inquiétude la plus profonde se situe au sein des foyers. Et là, une question se pose: "Comment exiger d'une famille qu'elle respecte les mesures barrières, qu'elle achète du savon ou des masques, alors qu'elle n'arrive même pas à se nourrir convenablement ?"

 

Quand la faim tenaille la maison, la priorité absolue devient la recherche de nourriture, reléguant la peur d'Ebola et les consignes sanitaires au second plan. C'est un cercle vicieux dramatique : la pauvreté et la malnutrition empêchent l'application des gestes essentiels pour stopper le virus.

 

Dans ce contexte de double turbulence, le parrainage prend une dimension humanitaire encore plus large. En prenant en charge la totalité des frais scolaires des enfants, ADPM retire un poids financier immense de l'équation familiale. Cet argent économisé devient une bouée de sauvetage qui permet aux parents de réallouer leurs maigres ressources vers l'alimentation et la protection sanitaire de la maison. Plus que jamais, votre soutien empêche ces familles de sombrer.

 

L’Équipe SWID ONG, Solidarity of Women for Integral Development

 

 

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